Retour sur l’action contre ORION Jeunesse à Lyon

Rappels

Suite à la réunion d’information tenue le 24 mars à Lyon II (campus de Bron), la Coordination Régionale Anti Armements et Militarisme (CRAAM), la FSE, Le Poing Levé, la CGT, Solidaires Étudiant.es et les individus présents ont décidé de manifester contre l’exercice Orion Jeunesse prévu à Lyon le 30 mars à proximité de Grange-Blanche. Cet espace est emblématique de la Santé Publique à Lyon : hôpital Édouard Herriot, écoles d’infirmières, faculté de Médecine Lyon Est, centre Léon Bérard (cancérologie)…

Le rassemblement a eu lieu près des bâtiments d’odontologie de la faculté de médecine où les étudiant.es volontaires devaient mettre en place une fausse cellule d’urgence médico-psychologique pour prendre en charge les traumatisés psychiques suite à une simulation d’attaque hybride.

Une quinzaine de personnes étaient présentes pour l’action. Rapidement, les manifestants ont été rattrapés par la patrouille, à savoir une petit troupeau de vigiles et repoussés à l’entrée.
D’après nos espions, il s’agirait de la société qui assure la sécurité des évènements du Palais de la Bourse, du Hub des Sécurités d’Écully et qui est aussi membre dudit Hub. Ce serait ainsi un exemple supplémentaire du monde du militaro-sécuritaire : tout petit, fait de connivences multiples et permanentes permettant de faire de bonnes affaires entre potes.

Bloqués à l’entrée de la fac, nous déployons la banderole « Non à la militarisation de nos facs ! » et diffusons le tract à destination des étudiants.
Une nouvelle tentative d’intervention sur le campus est à nouveau bloquée par les vigiles qui auraient menacé les étudiants. Nous allions nous séparer quand déboulent 4 uniformes de la Poulice Nationale puis 4 bacqueux.
Contrôle d’identité.
Un des bleus, le cheffaillon de service, était plus agressif que les autres d’autant qu’il y avait du répondant en face.
Vérification faite, ils nous disent que nous pouvons continuer sans bloquer l’accès à la Fac (merci, merci, m’sieu l’agent).
Soudain, déboule une camionnette de CRS alertés par on ne sait qui : vigiles terrorisés par une quinzaine d’opposants pacifiques ? Universités (Lyon 1, Lyon 2, Lyon 3… la totale) et hôpitaux (civils et militaires) horrifiés d’être pris la main dans le sac de leur collaboration de moins en moins sournoise avec l’armée ? Nous ne le saurons pas car nous décidons de lever le camp.

Militarisation généralisée, même là où on ne l’attend pas : des psys au service des armées

Cette action s’inscrit en réaction (malheureusement) à la dynamique militariste imposée par l’État. Celui-ci met la pression de plus en plus lourdement et ouvertement sur la société : « nouveau » service militaire, service national volontaire, « Réserve citoyenne », embrigadement de la jeunesse par le biais des JNR, militarisation de la santé et de l’éducation… explosion des budgets militaires, augmentation massive des fabrications de matériels guerriers…

Il faut y ajouter les discours contre les ennemis visibles ou invisibles, intérieurs comme extérieurs, destinés à répandre la peur et destinés à paralyser toute réflexion critique et à nous inciter à obéir et subir les injonctions de l’État.
Ce dernier point pourrait être un bon domaine de recherche pour des psychologues ayant une once d’esprit critique et d’humanité pour essayer de mettre le monde à l’endroit. De « La servitude volontaire » (La Boétie) à la « Soumission à l’autorité » (Stanley Milgram) en passant par la « Fausse conscience » (Joseph Gabel) ; « la peste émotionnelle » et «  la psychologie de masse du fascisme » (Wilheim Reich), il y aurait bien du travail émancipateur à réaliser.

Malheureusement, ce n’est pas la voie qu’a pris l’Institut de psychologie de Lyon 2 (dirigé par Tanguy Leroy). Cornaqué par le  Référent Défense  de l’Université (Nicolas Baltenneck, lui aussi psychologue) il a incité une centaine d’étudiantes et étudiants à soit, jouer les blessés, soit à apporter une aide psychologique aux « victimes » d’une « attaque hybride » sur le territoire national dans le cadre d’Orion Jeunesse à Lyon.
Tanguy Leroy est aussi chercheur en psychologie sociale à l’unité INSERM U1296 « Radiations : défense, santé, environnement » placée sous la tutelle de Lyon 2.
Pour la partie « civile » on n’aurait pas grand-chose à dire de cette unité : médecine communautaire, accompagnement de patientes et patients suite aux traitements des cancers, études des patients infectés au HIV, nutrition adaptée, genre et soins… En revanche elle dispose d’une branche très discrète, exclusivement militaro-médicale située sur le campus de l’IRBA (Institut de Recherche Biomédicale des Armées) en région parisienne représentée par Diane Riccobono dont les publications sont éloquentes. Mais ce n’est que pure coïncidence si Tanguy sollicite si fortement ses étudiants pour Orion Jeunesse.

Bilan de l’action

Malgré les délais de préparation très courts cette première action publique a bien fonctionné : mise en place d’une action commune, prises de contacts sur la fac et sur place, manifestation publique de notre opposition à la militarisation de l’université en particulier et de la société en général. Un certain nombre d’étudiantes et d’étudiants -impliqués ou non dans les exercices prévus ont été intéressés par la teneur du tract et ont discuté.
Il ne reste plus qu’à transformer ce premier essai à Lyon 1, mais aussi Lyon 2, Lyon 3 et les nombreuses écoles d’enseignement supérieur de la Métropole.

Luttons maintenant contre ORION pour éviter des HORIONS1 dans le futur !
Ce n’est qu’un combat, continuons le début !

CRAAM-Lyon

  1. Horion : coup violent. Terme vieilli mais qui risque de revenir à la mode ↩︎